Chants du dehors, Chants du dedans
Concert balade
Cinq chanteuses et chanteurs emmènent le public le long d’une piste.
C’est le premier temps. La voix apparaît, comme un écho du vent, de la montagne qui parle. Les voix se mêlent et chantent le rocher, l’arbre, la terre, le ruisseau avec des bribes de musique allant des Fontaines d’Israel de Schein à Meredith Monk. Ensemble, nous nous mettons à marcher, nous écoutons Le chant des oiseaux de Clément Janequin, et nous posons un nouveau regard sur les choses qui nous entourent à mesure que nous les chantons. D’un appel à l’autre, d’une note à la suivante, le chant polyphonique nous enveloppe et ouvre l’espace, la marche. Tranquillement, ensemble, nous marchons tranquillement sur la piste qui nous amène à un lieu.
C’est le deuxième temps. Ici, l’acoustique change, elle vient soutenir les voix, les envelopper, les amplifier. Forts du chemin que nous venons d’accomplir ensemble, les chants, les paysages et la musique du vivant ont ouvert l’écoute et les sens. Dans ce nouvel espace intime, proche du public, décloisonné, les cinq chanteur.euse.s interprètent dans des langues multiples des madrigaux du baroque à nos jours – Britten, Monteverdi, Byrd et Gerald Finzi.
Du dehors au dedans, cette proposition musicale et poétique nous fait explorer notre rapport à la nature et au vaste monde du vivant.
1er mai · Javols
17h30 · rendez-vous au musée archéologique · parking municipal à côté du musée
2 mai · Masméjean
17h30 · rendez-vous au LabO · parking disponible
3 mai · Molezon
16h · rendez-vous devant l’église · possibilité de se garer à côté
Ce que nous vivons comme un enjeu intime – se sentir bien dans son corps, habiter un espace – est aussi une question collective. Si le sujet peut se replier ou se dissoudre, il en va de même des sociétés. « Le rapport entre l’intérieur et l’extérieur a évidemment une dimension politique« . Une société sans repères communs risque la dissolution, comme un sujet sans contour. Une mondialisation perçue comme un vide angoissant, favorise les replis : l’étranger devient l’ennemi, les frontières des murailles. Contre « ces pathologies du repli et de la dissolution« , il faut « une conception équilibrée qui maintient la différence, mais aussi les relations entre l’intérieur et l’extérieur. » « Une subjectivité mûre, comme dit Winnicott, est une subjectivité qui a confiance dans son unité, dans sa peau, dans son corps, dans ses frontières ou ses limites – qui permettent de se penser comme un tout et de survivre, mais aussi dans le monde, avec des relations au-dehors tout aussi nécessaires que l’intériorité. »
« Avoir un intérieur, c’est pour pouvoir sortir. » Frédéric Worms